Témoignages

Dan

• J'ai 44 ans, je fus abusé et maltraité au sein de ma famille entre 6 et 9 ans et agressé sexuellement à l'âge de 8 ans par un personnel soignant lors d'une hospitalisation. J' ai mis plus de 25 ans pour sortir progressivement du silence et de la culpabilté aprés une longue période d'errance et de toxicomanie.

A cause d'une loi inique, je n'ai jamais pu porter plainte contre mes agresseurs. Mon statut de victime n'a jamais été reconnu par la justice et mes agresseurs ont surement récidivés en toute quiétude.

Lirielle Yonne (retraitée)

• J'ai subi des attouchements par des pédophiles (plusieurs). Parce que commis sans violence, par persuasion, c'est seulement après plus de 40 années que j'ai compris que je n'étais que victime...

Pourtant, cela m'a marquée et a détruit en moi toute possibilité de vie sexuelle épanouie, de confiance en un homme, de confiance en moi (puisque je me croyais coupable) et d'amour véritable... dans compter les séquelles physiques : je suis gravement malade et handicapée...

 
 

Elisabeth

• L'inceste je l'ai vécu avec mon frère aîné pendant 5 ans, j'avais 8 ans quand cela a commencé. J'étais trop jeune pour comprendre le mal qu'on me faisait, trop jeune pour savoir ou chercher de l'aide.

Vers mes 18 ans j'ai parlé de l'inceste pour la première fois avec la mère d'une copine, elle m'a fait peur en voulant aller à la police. Peur car si mon frère avait eu raison, je devenais coupable d'avoir détruite à jamais la famille, le chantage émotionnel faisait partie de l'inceste.

Aujourd'hui, j'ai 42 ans et mes parents sont au courant depuis bientôt 13 ans de ce que mon frère m'a fait, ils ne m'ont pas cru. Je ne peux plus rien faire, c'est trop tard je suis condamnée à me taire jusqu'à la fin de mes jours, mais actuellement ce sont eux qui peuvent briser en toute liberté et sans gêne ma vie et celle des personnes qui m'entourent, justement aujourd'hui j'ai appris qu'ils veulent me déshériter, car je les fait tellement souffrir en racontant la vérité, une vérité qui ne leur plait pas et qui doit être condamnée, pour eux je reste la coupable qui à brisé la famille, l'image de bonne famille bourgeoise. Et moi je fait quoi aujourd'hui??? Survivre, peut-être?

C.Guérit

• Il a fallu plus de 20 ans pour mettre enfin un nom sur mon mal être, sur mes réactions si agressives parfois envers les hommes ce qui me rendait si malheureuse; plus de 20 ans et une dépréssion si sévère que même le visage de mes deux enfants ne parvenaient pas à me donner l'envie de vivre;plus de 20 ans pour comprendre que la seule voie de la guérison totale était de porter plainte contre cet homme qui avait tant fait souffrir mon corps et mon mental alors que je n'étais qu'une enfant et avait gaché à jamais ma vie de femme à venir.

Avec cette maudite prescription je n'atteindrai peut-être jamais la complète sérénité que j'aurais pu ne serait-ce qu'espérer. La justice crée l'injustice au bénéfice des coupables. Je ne serais jamais reconnue comme une victime et surtout lui jamais comme un coupable et je dois vivre avec ça, du moins essayer déjà de survivre..."

Pam

Je m’appelle Pam. J’ai 28 ans aujourd’hui. Quand les gens me voient, me parlent, ils pensent que je suis quelqu’un qui va bien. Ils sont loin d’imaginer que je cache une grande souffrance. Cette souffrance, c’est l’inceste. L’inceste que m’a fait subir mon père. Les violence physiques, verbales et psychologiques ne lui ont pas suffit pour me détruire.
D’ailleurs, pour cette raison, je n’ai pu associer cette main dans ma culotte à une violence supplémentaire que bien des années après.

Ce soir-là, c’était encore lui qui nous gardait, mon petit frère et moi. Comme presque à chaque fois, dans ce cas-là, il s’est imposé dans mon petit lit. A la base, cela ne semble pas être une violence. Mais moi, je n’avais pas le choix de refuser … Sinon les représailles pouvaient être violentes. Et, je ne savais jamais quand elles pouvaient tomber.
Ce soir-là, faisant mauvaise fortune contre bon cœur, je lui ai dis que je venais d’avoir mes premières règles, pour qu’une fois, je me sente aimée par lui au lieu qu’il me rabaisse, me rejette et m’humilie.
Ce soir-là, alors qu’il me disait que je devenais une femme, sous couvert de chatouilles, il a posé sa main sur mon sexe, par-dessus le pyjama. Si rapidement, si furtivement … Presque comme par accident. Mais, ce n’en était pas un, car quelques instants plus tard, cette même main avait dépassé la barrière de mon bas de pyjama et aussi celle de ma culotte pour se retrouver directement au contact de mon sexe.
Trou noir, vide complet  Ce soir-là, mon père a pris ce qu’il pouvait y avoir de plus merveilleux pour une petite fille de 11 ans et demi :
la découverte de sa féminité en devenir. Et, cela de la plus mauvaise façon qui soit.
Jusqu’à l’âge de 23 – 24 ans, j’ai soigneusement tout enfoui en moi. J’ai fait semblant de vivre normalement. Même si c’était loin d’être une réussite : dépressions, TS, troubles alimentaires, insomnies étaient mon quotidien. Mais quand mon couple a commencé à subir les conséquences de cet inceste, quand j’ai commencé à transférer sur mon compagnon, toute la haine que j’avais à l’encontre de mon père, j’ai compris qu’il fallait que je parle.

Alors petit à petit, j’ai levé le voile sur ce passé. Ma mère, ma meilleure amie, mon compagnon. Pourtant, ce n’était pas suffisant pour aller mieux. J’ai, donc, fini par porter plainte auprès de la brigade des mineurs début 2005. J’avais 26 ans.
Dès le lendemain matin de mon dépôt de plainte, mon père était convoqué à la brigade des mineurs , mis en garde à vue, et l’après-midi même, nous étions confrontés. Malheureusement, le soir-même, après la confrontation, l’officier de police m’annonçait que le substitut du procureur était dans l’obligation de classer sans suite ma plainte car les faits, que je dénonçais, étaient prescrits.
Prescrits … Parce que les faits que j’ai dénoncé sont les seuls dont je me souviens. Pourtant, je suis persuadée qu’il a recommencé au moins une fois. Mais, sans souvenirs précis, ce serait lui ouvrir un boulevard pour une éventuelle plainte contre moi pour diffamation.
Prescrits … Pour lui, la liberté et la paix. Pour moi, la culpabilité d’avoir mis en péril le reste de ma famille pour porter plainte, la culpabilité de le voir élever deux petites filles avec sa nouvelle femme sans que quiconque puisse l’empêcher de leur faire du mal.
Prescrits … Pas pour moi, qui porterait cette souffrance à vie.

Florence

• Depuis toujours, je me suis sentie très mal, dépressive, j'ai toujours ressenti un gros mal-être, une souffrance intérieure et physique inexpliquée. Je ne parlais quasiment pas, je montrais très peu d'émotions, je restais la plupart du temps enfermée chez moi, j'étais toujours en retrait dans un groupe avec les autres. Je souffrais de blocages pour parler et pour ressentir, je souffrais de dépression, de tétanie, d'étouffements, d'insomnie, de somnambulisme, d'anorexie. J'enchaînais les angines, otites, lumbagos, migraines, problèmes digestifs. Je vivais toujours dans le brouillard, dans une fatigue chronique. Je pensais que ma place n'était pas ici parmi les autres. La peur, la méfiance, la panique, la honte et le désespoir remplissaient ma vie quotidienne. Je ne me suis jamais sentie à la hauteur ni à l'école, ni au travail, ni dans d'autre domaine. Mon image dans un miroir est pour moi un cauchemar, j'ai peur du contact physique et ma sexualité se résume à un condensé de catastrophes, de douleurs et de dépressions.

Je ne rappelais quasiment rien de mon enfance avant 12 ans. Ma mémoire a commencé à revenir, les images, les douleurs, les ressentis affreux liés aux viols, aux incestes. Je me rappelle surtout d'une scène parmi d'autres avec mon oncle prêtre vers 8 ans. J'ai beaucoup de flashs tout petite où je suis terrorisée, où j'ai envie de vomir.  Voilà ce que 2 personnes de ma famille m'ont fait. Une partie de moi est morte, mon enfance m'a été volée, je ne sais pas cequ'est l' insouciance. J'ai toujours été seule au monde dans mon enfance, isolée, enfermée dans une prison psychique

 

Frederique

• J 'ai 37ans, j'ai été victime d'attouchement sexuel de la part de ma génitrice, ses amants et mon frère qui n'avait que 2ans de plus, de l'âge d'environ 2ans à 6ans. Puis il n'y a eu plus que les attouchements de ma génitrice jusquà 11ans environ, un peu après le début de mes règles. Il me manque encore beaucoup d'année de mon enfance, la sensation que je vis depuis que j'ai 12ans et qu'avant je dormais, les souvenirs reviennent lentement. Je ne peux pas porter plainte du fait du manque de souvenirs, mais quand tout sera revenu, je ne pourrai quand pas le faire à cause de la prescription.

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